mardi 3 mai 2011

Nouvelle modernité...

La modernité est sans doute le concept le plus ancien et le plus ringard, mais qui ne passera décidément jamais de mode. Ça tombe bien, il faut dire que contrairement à pas mal d'autres choses, la modernité semble être un matériau recyclable à l'infini....

Ainsi je ne résiste pas de vous délivrer quelques perles signées Jean-Michel Demetz, dans un article publié dans l'Express quelques jours avant le grand et merveilleux mariage princier qui a ému le monde entier. 

A Londres, le rapport à l'argent est différent: la richesse suscite davantage de respect que de jalousie. (..)
Bien sûr, il y a la crise et une économie au ralenti.(..) 
En ce jour de printemps, pourtant, c'est une autre question qui préoccupe mon interlocuteur londonien: y aura-t-il encore des jonquilles à Pâques? Car un mois de février clément a avancé leur floraison. Et Pâques, sans cette poussée d'or qui illumine les parcs de la capitale, ce n'est plus tout à fait Pâques. Telle est Londres. Aspirant à grandes goulées le souffle de la modernité et fière gardienne de ses traditions. Ouverte à l'appel du grand large et jalouse de ses jardins, publics ou secrets.
(...) renvoie à la fascination qui entoure Londres, la ville-monde. "Londres est la salle de machines du capitalisme mondial", résume le romancier Jonathan Coe. Au-delà des frontières du Commonwealth, cette cité dépourvue de grâce apparente captive, il est vrai, l'imagination des ambitieux de la planète. Venus des mondes émergents, les nouveaux Rastignac - qu'ils se prénomment Igor, Joao, Raj ou Mehmet - partent à l'assaut de la City sans complexes. Car Londres est la cité de tous les possibles. Si Paris préfère l'égalité à la liberté, sa rivale d'outre-Manche inverse la hiérarchie. Ce qui séduit nombre de jeunes Français.
Le statut universel de la langue anglaise, la sécurité renforcée dans les rues grâce aux caméras de vidéosurveillance, la réputation des écoles privées, un régime fiscal clément à l'égard des non-résidents: les raisons ne manquent pas pour que les grosses fortunes mondiales s'implantent ici. "D'autant que le rapport à l'argent est différent", glisse pudiquement un banquier français. Pas de jalousie ou d'envie. Pas de questions indiscrètes, non plus, sur l'origine des fonds. 
Londres ne cesse de se réinventer. A Shoreditch, comme dans d'autres quartiers en proie à une effervescence créatrice dans les domaines de la mode et du design, un nouveau lifestyle britannique s'épanouit. Une nouvelle modernité. Un nouveau modèle ? 

Amen. 
Ainsi notre avenir est là bas. 
Ouvriers et paysans, main dans la main avec les patrons : nous deviendrons tous traders à la City.



Oui, il suffira donc que chaque humain de la planète vienne faire fortune à Londres, sans se faire de noeud au cerveau à propos de l'odeur que l'argent n'a pas, au milieu des jonquilles, loin des crises environnementales, sociales et climatiques (accessoirement provoquées par cette salle des machines du capitalisme mondial), pour que notre avenir soit à nouveau radieux.

Assurément, un observateur étranger, de la trempe de Jean Michel Demetz n'aurait pas dit autre chose, à la veille du mariage de Louis XVI, en se promenant dans les jardins de Versailles.
"Paris ne cesse de se réinventer. A Versailles, comme dans de luxueux hôtels particuliers en proie à une effervescence créatrice dans les domaines de l'apparence et du raffinement, un nouveau french style royal s'épanouit. Une nouvelle modernité. Un nouveau modèle ?


3 commentaires:

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