mardi 26 juin 2012

Nul n'est besoin d'accaparer...

... pour jouir de ce qui nous entoure.
Contrairement à nos croyances profondes, qu'il s'agisse des choses comme des personnes que nous côtoyons, le bonheur ou la jouissance qu'on peut en tirer n'impliquent pas qu'il faille pour cela absolument se les approprier, qu'il n'est pas obligatoire qu'elles nous soient exclusivement réservées, garanties.


C'est ce qui m'est revenu à l'esprit, en lisant chez  Ima'Jill , cette citation si juste :

Ce n'est pas à la possession des biens qu'est attaché le bonheur, mais à la faculté d'en jouir. Le bonheur n'est qu'une aptitude. 
Bernard Grasset

La propriété privée est le concept que l'humanité a développé depuis la construction des châteaux-forts pour faire face à l'état naturellement hostile du monde et de l'existence. Elle a permis de remédier à son incapacité à jouir sereinement, son incapacité à cohabiter dans le même environnement en toute quiétude, en toute confiance... (au prix, sans doute inconsciemment occulté, de toutes sortes de guerre barbares, de barbelés, de miradors, de murs, de grilles, de serrures, de caméras de vidéosurveillance, de cadenas et autres trousseaux de clés trop touffus...)

Si bien que depuis des siècles nous vivons en permanence dans la confusion, dans l'illusion. Celle qui nous fait croire que posséder, que ce soit en terme de confort matériel ou d'amour, nous ouvrira les portes du bonheur.
Et nous oublions dans le même temps de cultiver nos facultés, nos aptitudes à jouir et être heureux.

La seule chose qu'on est selon moi en droit de posséder, c'est ce qui est en nous. C'est notre corps, notre intimité, notre vécu, notre temps, notre liberté, nos émotions, nos désirs. Tout le reste n'est qu'une chimère. Croire que l'on peut posséder autre chose, pour prétendre à une jouissance minimum garantie, ou pour s'accorder une légitimité à consommer et détruire en se laissant aller à nos bas instincts de prédation, est une voie qui ne nous mènera pas au delà du gâchis actuel, qu'il soit écologique, économique ou sentimental.

J'en suis plus que jamais persuadé, l'humanité ne trouvera son salut que dans le recul progressif du périmètre de ce que l'on cherche à posséder, au profit de l'extension de ce que l'on cherche à partager...

4 commentaires:

  1. La possession des biens... comme ça me cause... moi la shopping addict compulsive etc...
    merci pour ces reflexionx matinales... :-)
    (si non, j'ai vu ton mal, peu de temsp pour y répondre en ce moment, mais tout vient à point etc etc ^^)
    (une bise)

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    1. Bonjour m é,
      heureux de constater que mes réflexions matinales t'ont éloignées l'espace d'un instant de ta frénésie d'achat ! :-)

      Ah, tu as vu mon "mal"? Hé hé, si tu peux en profiter pour l'exorciser, entre deux barbecues, spectacles de fin d'années et formulaires d'inscription (c'est marrant, on dirait mon quotidien aussi..) :-)

      Sais-tu enfin que j'habite dans un haut lieu de pélerinage de la religion consumériste? Chaque année deux fois par an des processions de tout le pays affluent en auto, en bus, à dos de mulet ou en péniche et convergent vers de grands sanctuaires où ils se prosternent devant toutes sortes de signes ésotériques genre "-66%".. Si tu fais partie de ces pèlerins, en route pour la Mecque des marques, ou St Jacques de Compulsionnelle, fais moi signe, je te mets au défi d'essayer de me convertir !

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  2. Je vous rejoins sur l'idée que la possession n'est pas la panacée.
    Pas facile de lutter contre l'idée que "posséder" est source de bonheur, mais quelle satisfaction de constater nos efforts au jour le jour. Je reste encore déçue par mes paradoxes : je désire consommer moins et mieux mais je me fais encore piéger.
    Petite satisfaction : il n'y a qu'en amour que je tiens bon ;)

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    1. Oui l'amour est sans doute le laboratoire évolué de nos besoins les plus basiques... et il nous montre que l'on peut apprendre à jouir sans consommer (consommer au sens de "user de façon exclusive et/ou irréversible"), bref, à jouir sans accaparer, pour cultiver un plaisir durable...

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Et vous, z'en pensez quoi?