Extrait d'interview de Patrick Viveret dans Mediapart ce jour.
"Les marchés financiers fonctionnent aujourd’hui à la seconde, ou à la nanoseconde, et ne supportent plus le temps démocratique, qui ne va jamais assez vite pour eux. Un phénomène permis et aggravé par le fait que 70% des transactions financières aux Etats-Unis, et près de la moitié en Europe, sont réalisées par des automates, à travers le trading algorithmique. On ne cesse de dire qu’il faut rassurer les marchés, parce que ça ne passerait pas si on disait qu’il faut «rassurer les robots». D’où le développement de cette novlangue jargonnante de l’économie financière, qui, par son opacité, joue un rôle structurant dans le déni de démocratie.
Il y a un formidable travail de déconstruction et d’éducation populaire à faire pour savoir qui sont ces fameux marchés financiers à rassurer. Le seul fait de se poser la question du «qui?» permet de saisir à la fois le rôle considérable des automates et la psychose maniaco-dépressive dans laquelle les financiers sont engagés.
Le Wall Street Journal, qui n’est pas l’incarnation d’une pensée alternative, écrivait, au moment du krach de 1987, mais cela reste valable aujourd’hui, que les marchés ne connaissent que deux sentiments : l’euphorie ou la panique. C’est exactement ce qui caractérise la psychose maniaco-dépressive. C’est-à-dire un état où les personnes perdent le contact avec le réel, notamment économique, et peuvent dilapider l’argent. C’est une des raisons pour lesquelles on préconise tutelle et curatelle. Il ne s’agit donc pas seulement de réguler les marchés financiers, mais aussi de les soigner. Les marchés financiers constituent aujourd’hui un problème de santé internationale."
Et aujourd'hui, en France, de quoi cause-t-on?
Des onéreux fraudeurs (et par extension, les assistés) . Comme prévu, et reprévu...
mardi 15 novembre 2011
mardi 18 octobre 2011
La pernautisation des esprits...
Petite mesquinerie d'un journaliste en mal d'inspiration ou révélateur d'un syndrome plus profond? A la lecture de cet article surprenant, je m'interroge.
Bien sûr, nul n'est obligé d'assumer une réaction empathique à chaque fait divers, à chaque fois qu'un malheureux pète un câble, ou qu'un autre désœuvré pète les plombs. Mais de là à sortir froidement sa calculette pour répondre à la question fatidique, en assénant un bien pernotien "Combien ça coûte?", là, je reste coi.
Puis deuxième réaction : à la bonne heure ! Le Figaro va donc aussi pouvoir s'émouvoir alors du coût des déplacements présidentiels qui mobilisent bien plus de moyens publics que ce pauvre chômeur, et qui vont se densifier avec la campagne électorale. Sommets internationaux, excursions provinciales, procès politiques aussi onéreux qu'inutiles... Réjouissons nous braves gens... L'argent va continuer à couler à flot ces prochaines semaines autour de notre souverain...
Et puis, et puis, de toutes façons... Pff...
Tiens, je me sens bizarre tout à coup, moi aussi, je me demande si...
C'est comme un vertige, comme si j'étais irrémédiablement et inconsciemment attiré par cela... Ne suis-je pas gagné par cette douce lumière qui illumine mon cerveau? Je suis en train de m'identifier à l'honnête contribuable lecteur du Figaro, et mon Dieu que le monde devient limpide !
Moi qui rentre tous les soirs retrouver femme et enfant dans mon placement si douillet qui me permettra d'être plus riche d'ici une vingtaine d'années quand j'aurais fini de le payer. Qu'il est bon de se sentir plus malin que les autres !
Et je comprends du coup l'indignation qui point lorsqu'un inopportun grain de sable tel que ce chômeur abject vient troubler notre quiétude. On rêve tous d'un monde où l'on pourrait sereinement se consacrer à optimiser ses placements défiscalisés dans la joie et la bonne humeur.
Mais voilà, il faut faire avec les rabat-joie.
Décidément les malheureux n'ont vraiment rien d'intéressant à partager. Si au moins le malheur des uns faisait le bonheur des autres. Mais non. Nous voilà quittes pour un grand gâchis.
Manquerait plus qu'on perde notre AAA à cause d'eux...
C'est vrai, il faut bien l'avouer, avoir un portefeuille à la place du coeur est beaucoup plus confortable. On s'indigne certes, c'est irritant c'est vrai, de constater l'incurie, la gabegie, l'incompétence de tous ces boulets qui freinent notre enrichissement personnel. C'est un réel poil à gratter au quotidien.
Mais c'est tellement plus reposant que d'avoir un coeur, même tout petit, surtout quand il se met à battre pour les autres...
Bien sûr, nul n'est obligé d'assumer une réaction empathique à chaque fait divers, à chaque fois qu'un malheureux pète un câble, ou qu'un autre désœuvré pète les plombs. Mais de là à sortir froidement sa calculette pour répondre à la question fatidique, en assénant un bien pernotien "Combien ça coûte?", là, je reste coi.
Puis deuxième réaction : à la bonne heure ! Le Figaro va donc aussi pouvoir s'émouvoir alors du coût des déplacements présidentiels qui mobilisent bien plus de moyens publics que ce pauvre chômeur, et qui vont se densifier avec la campagne électorale. Sommets internationaux, excursions provinciales, procès politiques aussi onéreux qu'inutiles... Réjouissons nous braves gens... L'argent va continuer à couler à flot ces prochaines semaines autour de notre souverain...
Et puis, et puis, de toutes façons... Pff...
Tiens, je me sens bizarre tout à coup, moi aussi, je me demande si...
C'est comme un vertige, comme si j'étais irrémédiablement et inconsciemment attiré par cela... Ne suis-je pas gagné par cette douce lumière qui illumine mon cerveau? Je suis en train de m'identifier à l'honnête contribuable lecteur du Figaro, et mon Dieu que le monde devient limpide !
Moi qui rentre tous les soirs retrouver femme et enfant dans mon placement si douillet qui me permettra d'être plus riche d'ici une vingtaine d'années quand j'aurais fini de le payer. Qu'il est bon de se sentir plus malin que les autres !
Et je comprends du coup l'indignation qui point lorsqu'un inopportun grain de sable tel que ce chômeur abject vient troubler notre quiétude. On rêve tous d'un monde où l'on pourrait sereinement se consacrer à optimiser ses placements défiscalisés dans la joie et la bonne humeur.
Mais voilà, il faut faire avec les rabat-joie.
Décidément les malheureux n'ont vraiment rien d'intéressant à partager. Si au moins le malheur des uns faisait le bonheur des autres. Mais non. Nous voilà quittes pour un grand gâchis.
Manquerait plus qu'on perde notre AAA à cause d'eux...
C'est vrai, il faut bien l'avouer, avoir un portefeuille à la place du coeur est beaucoup plus confortable. On s'indigne certes, c'est irritant c'est vrai, de constater l'incurie, la gabegie, l'incompétence de tous ces boulets qui freinent notre enrichissement personnel. C'est un réel poil à gratter au quotidien.
Mais c'est tellement plus reposant que d'avoir un coeur, même tout petit, surtout quand il se met à battre pour les autres...
mercredi 5 octobre 2011
Du courage de renoncer...
Notre grand vizir "devenu-calife-à-la-place-du-calife" a énoncé cette parole pleine de sagesse et de clairvoyance à l'endroit de son grand ami Jean Louis : "C'est plus courageux de renoncer que d'y aller"
Et moi, d'applaudir des deux mains, en renchérissant : "Toi aussi, Nicolas, tu peux le faire... Allez, Nicolas, un peu de courage !"
Et moi, d'applaudir des deux mains, en renchérissant : "Toi aussi, Nicolas, tu peux le faire... Allez, Nicolas, un peu de courage !"
Inscription à :
Articles (Atom)
