vendredi 18 mai 2012

Indétectable tape-à-l'oeil


Cela se passe entre Aube et Seine. Mais ici cela n'a rien d'obscène.

C'est juste une belle histoire d'un "m'as-tu vu" extraordinairement discret.
D'ailleurs, l'avez-vous remarqué ?





Si, là au milieu...
Ce joli garnement d'un insoupçonnable snobisme, d'une invisible flamboyance...






Même là?











Bon ok, le décor ne met sans doute pas assez en valeur ce discret personnage pour qu'il attire votre attention... Peut être là, cela vous conviendra mieux. Non?





Mais si, là vous voyez bien...



Avez vous vu ses beaux yeux? Oui vous ne rêvez pas il a les pupilles en forme de coeur...





Et ce n'est pas tout. 
Quand je vous parlais de de tape-à-l'oeil, de snobisme, de flamboyance, je ne parlais pas que de ses yeux. Il ne faut pas se fier aux apparences, voyez-vous? 
Oubliez vos préjugés : vous verrez que même le plus insignifiant, le plus banal, le plus minuscule, le moins remarquable des crapauds cache vraiment bien son jeu


C'est bien lui : le crapaud sonneur à ventre jaune.
Croisé entre le lac du Temple et le lac d'Orient.
Remarqué par inadvertance. Mais combien en aurais-je croisé sans m'en apercevoir dans la même journée?
Et de me dire que nous, humains, on est un peu tous des crapauds sonneurs à ventre jaunes, au physique insignifiant, ordinaire, passe-partout... A attendre qu'un oeil sensible, attentif et malin sache déceler la flamboyance qui est en nous, insoupçonnable, bien dissimulée.. mais haute en couleur...








mercredi 9 mai 2012

Le radeau du médusé

"Avant de penser à ce que tu perds, pense d'abord à ce qu'il te reste, pour savoir ce dont tu disposes pour surmonter cela" tente-je de me convaincre...

Le temps est un drôle de cours d'eau sur lequel on n'a pas de prise. Ses turbulences nous arrachent parfois de précieux morceaux de notre vie. Il faut beaucoup de courage pour s'empêcher de rester focalisé sur ce que l'on perd, pour ne pas y agripper notre regard, jusqu'à ce que cela disparaisse de la ligne d'horizon...
Qu'il s'agisse de la perte d'un bout de soi ou d'un autre, il faut beaucoup de courage pour se focaliser au contraire sur ce qui reste en soi et sur ceux qui restent, autour de soi.
Infiniment précieux, ils sont là pour nous aider à affronter ce manque, et continuer à avancer, que l'on soit blessé par le regret, miné par le remord, anéanti par la tristesse. Leur préciosité ne compensera jamais ce que l'on perd. Mais elle nous aide à nous emplir du souvenir apaisant, et évacuer notre peine.

Bon sang que ce radeau de fortune, qui nous fait traverser l'existence, est parfois inconfortable  ! Mais bon sang qu'est-ce qu'on y est bien quand même....
Et de me remettre à pécher...

Pensées aquatiques à Marie la Sardine

dimanche 18 mars 2012

Amphibien mâle à qui? (les crapauds sont des goujats)

Aujourd'hui, en se promenant dans un bois avec mes enfants, on a sauvé la vie à une princesse qui était en train de se noyer. Il faut dire qu'elle était maintenue - plus que fermement - sous l'eau par deux affreux voyous, qui semblaient préférer son allure svelte et lumineuse à la silhouette moins avantageuse de leurs copines habituelles.


N'écoutant que notre courage, nous avons jeté notre épuisette à l'eau et avons mis fin à ce pugilat. La belle, quoiqu'un peu sonnée, a vite retrouvé son flegme pour s'éloigner de cette zone de tous les dangers.


Les deux malfrats, eux, sont repartis ailleurs, et ont accompli un devoir plus conforme à leur rôle naturel, même si encore, on peut s'étonner de cette obsession à vouloir toujours faire les choses à deux, de façon toujours inséparable, quand la nature a plutôt généralement prévu une situation plus intime avec Madame.


Peu importe, Madame a pu elle aussi accomplir son devoir, enlacer de pauvres plantes à peine renaissantes sous le soleil timide du mois de mars d'interminables chapelets dont on voudrait qu'ils repeuplent le pays mais dont on sait qu'ils feront tout de même le festin de bien d'autres bestioles reconnaissantes de la générosité induite par la sélection naturelle. Les voyez-vous sur la photo, ces chapelets?

Enfin, coïncidence, pour alléger la conscience de Madame CTV, qui se posait justement tout récemment la question de la légitimité du kidnapping de crapauds pour repeupler les jardins, je dois ajouter que nous avons tout de même infligé à l'un des deux amants indélicats une mesure d'éloignement, en l'assignant à résidence dans la petite mare de notre jardin, car nous aussi on serait heureux que les crapauds recolonisent notre lopin de terre (et apprennent les bonnes manières).

Par contre, malgré les demandes insistantes de mes rejetons, nous avons laissé toute sa liberté à le belle créature, conscients du fait qu'en dehors de son biotope forestier, la miss n'apprécierait pas beaucoup l'aridité d'un jardin domestique et les rencontres avec les chats du quartier...