mercredi 10 novembre 2010

Etre à l'écoute

On a coutume de dire que voter ça sert à rien, qu'on élit des gens qui se foutent bien de notre sort.
Ce n'est pas totalement vrai : en ce moment si vous avez des difficultés, des doléances, des suggestions, des bonnes idées, des revendications... décrochez votre téléphone et prononcez les mot-clés "Karachi" ou "Bettencourt". Vous serez sûrs d'être écoutés.

C'est ainsi, on peut déplorer ceci ou cela, mais on ne pourra pas dire que notre président n'est pas à l'écoute...

vendredi 30 juillet 2010

Irréprochable n'est pas incorruptible...

Vous avez sans doute pris connaissance il y a quelques jours de l'information du Canard Enchainé sur le projet de remboursement de la dette Chirac à la ville de Paris par l'UMP. Peut-être vous êtes-vous interrogés, comme moi, sur l'intérêt qu'il y avait, pour l'UMP (dont le patron moral n'est autre que celui qui clamait haut et fort, pour se faire élire, qu'il fallait rompre avec la Chiraquie), de faire cette fleur à Chirac.
A un article du site Le Post qui évoquait cette affaire, j'ai déposé un commentaire pour évoquer une hypothèse née de mes interrogations. Hélas pour moi, elle a été censurée par les modérateurs de la société netino.com pour son caractère diffamatoire.
J'ai trouvé ça assez curieux, car j'y disais simplement ceci:

Cet article me semble incomplet, voire pernicieux car il met le projecteur sur Chirac et sous-entend que Sarkozy est clean comme de l'eau de roche. Croyez-vous que Sarkozy se montre généreux avec Chirac par solidarité corporatiste entre présidents, par pur altruisme ou pour sauver l'honneur du RPR?
Outre Chirac, comme l'indique Le Monde, parmi la foultitude de micros partis, l'UMP arrose aujourd'hui Pasqua et Millon. Est-ce vraiment pour favoriser le dynamisme démocratique, la diversité et l'innovation idéologique de l'UMP, comme nous l'indique ces messieurs de l'UMP?

On peut se poser la question, quand on sait que Sarkozy est mouillé jusqu'au cou dans l'affaire de Karachi, pour le financement de la campagne de Balladur de 1995. Affaire bien plus grave encore que les enveloppes de Bettencourt.

Souvenez-vous que quand Sarkozy a été investi par l'UMP comme candidat à la présidentielle, Chirac s'est longuement fait prier pour "adouber" ce candidat à la télévision. Notre précédent Président de la République a donné son accord de principe à une allocution télévisée pour soutenir publiquement le candidat Sarkozy après que le juge Courroye ait été nommé procureur de Nanterre contre l'avis du CSM. Etrange, n'est-ce pas?
Je te tiens, tu me tiens, par la barbichette...


Voilà, c'était mon petit commentaire aux insinuations certes assez conséquentes, mais uniquement établies à partir d'informations disponibles et vérifiables.
Vous conviendrez quand même, qu'en matière d'insinuations diffamatoires et stigmatisantes, je ne fais pas le poids par rapport à Sarkozy et Hortefeux : leurs dernières allusions aux grosses cylindrées des Roms, par exemple, sont bien plus impressionnantes.

Qui me vaut la réflexion suivante.
Au début des années 2000, on voyait fleurir des banderoles « Chirac en prison! » et les contestataires n'étaient pas pour autant envoyés au goulag.
En 2010, rien n'a changé. Mais l'actuel président, pourtant en posture analogue à son prédécesseur, est exempté de ces banderoles. Il semble qu'on ne puisse plus s'exprimer publiquement si on n'est pas armé juridiquement pour défendre ce que l'on exprime.
C'est peut-être ça, « la République Irréprochable » proclamée par Sarkozy. Une République à l'égard de laquelle il a décrété qu'il n'y aurait plus de reproche. Une République à laquelle on ne puisse plus rien reprocher, car une République dans laquelle on n'a plus le droit d'exprimer librement des reproches.

Je suis idiot, j'avais pas compris ça à la base.
J'aurais dû m'en douter, si ça avait été exprimé dans le sens que j'imaginais, il aurait dit « République Incorruptible », pas « République Irréprochable ».
Oui, ici comme ailleurs, les mots sont importants...

mercredi 21 juillet 2010

Faire rentrer la rivière dans son lit...

La poésie, n'est-ce pas ce qu'il reste à l'homme quand il est pris dans la tempête, en proie à l'adversité?
Ce soir je n'avais pas particulièrement l'humeur poète, mais je dois dire que je me suis laissé emporter avec un certain plaisir dans la belle tourmente que traversent nos grands capitaines...
Et me voilà du coup avec l'humeur lyrique...

Lyrique comme les envolées verbales d'un inflexible Procureur de la République, intègre, indépendant, insensible aux gesticulations des manants...
"Juste après avoir lu l'interview d'Eva Joly, je suis allé voir «Le Lac des cygnes» interprété par le ballet de Novossibirsk. Face à tant de beauté et de grâce, le fiel de Mme Joly s'est désintégré pour rejoindre les particules du néant"
C'est beau n'est-ce pas? On le nommerait bien Ministre de la Culture dans le prochain remaniement.

Ou bien Ministre de l'Agriculture, pourquoi pas? On résoudrait tous nos problèmes d'irrigation. Pourquoi s'en priver? On pourrait bénéficier des grâces de ce maitre-sourcier, capable de faire surgir la vérité, et dompter les éléments...
"Je peux simplement vous dire que mes enquêtes sont conduites avec une entière détermination, une totale sérénité, un souci de rigueur procédurale et une stratégie méthodique pour parvenir à faire jaillir la vérité. Beaucoup d'allégations, d'interprétations et de rumeurs ont surgi de partout. Seules ces enquêtes judiciaires seront de nature à faire rentrer la rivière dans son lit".


Faire rentrer  la rivière dans son lit.
De gré ou de force.
Remarquez ça n'a rien d'exceptionnel. Un homme de son rang peut mettre n'importe qui dans son lit.
Et comme ça on pourra dire, que cette rivière, on ne l'a jamais crue.
Et alors l'eau pourra à nouveau couler tranquillement sous les ponts...